Assistant maternel, une passion des enfants

Publié le 27.04.2017 par ChroniqueAssmat :: Mes chroniques mensuelles :: Mise à jour le 27.04.2017

Ma chronique d'Avril 2017 :

Sur la page Facebook de Stéphane, on peut lire : « depuis que je suis Nounou, grâce aux enfants et aux bébés, je me lève de Bonheur » car, effectivement, Stéphane est un assistant maternel heureux. Arrivé dans notre métier suite à une reconversion professionnelle parfaitement réussie, après avoir travaillé dans la restauration et dans un bureau de contrôle, Stéphane a décidé de réaliser enfin son rêve : travailler avec des enfants. Papa très jeune, il s’est toujours senti attiré par les enfants, fasciné par les bébés : les nuits blanches ne lui ont laissé aucun mauvais souvenirs et il trouve que ses propres enfants ont grandi bien trop vite. Pourtant, sa  famille n’est pas toujours au diapason de sa passion pour la Petite Enfance et trouve même parfois ce métier si particulier qui est le nôtre par trop envahissant. Doudous, tétines et couches qui font notre quotidien, ne sont pas toujours du goût de tous ! C’est pourquoi Stéphane a souhaité séparer vie privée et vie professionnelle en aménageant son garage :  une baie vitrée a donc été installée, laissant passer toute la luminosité nécessaire. Son lieu d’accueil, inspiré de la crèche où allaient ses enfants lorsqu’ils étaient petits, est coloré, vivant, agréable à vivre. Tout y est fait pour que les enfants accueillis se sentent heureux, et les parents rassurés, comme le cahier de liaison et les nombreuses photos qui illustrent ses journées. Et c’est sans doute ce qui a incité la puéricultrice et l’infirmière de la Pmi qui l’ont visité à lui accorder l’agrément sans aucune difficulté : deux places dans un premier temps, puis 4 places très rapidement, suite à une demande d’accueil d’une fratrie. Elles ont tout de suite reconnu que Stéphane avait fait le choix de devenir assistant maternel par passion.

Ce faisant, elles avaient eu cette phrase terrible : « Dans la région, il n’y aurait pas 10 personnes à qui elles confieraient leurs enfants » ! Est-ce en effet un hasard si Stéphane, lui, travaille sans problème par le bouche à l’oreille, alors que beaucoup d’autres sont au chômage ? Est-ce un hasard s’il a obtenu 4 places d’accueil dès sa première année d’exercice alors que bien des Pmi font marche arrière dans ce domaine, délivrant le quatrième agrément avec parcimonie et moult restrictions ? Selon Stéphane, le Conseil départemental de sa région valide beaucoup trop facilement les demandes d’agrément, sans doute à cause d’une forte demande de places d’accueil. Ce qui baisse de manière assez dramatique le niveau d’exigence et dévalorise notre métier, laissant ces personnes mal orientées travailler avec des bébés  alors qu’elles n’ont aucune compétences dans la Petite Enfance. Car il semble bien que la qualité ne soit tout simplement pas au rendez-vous et que, de manière générale, nos collègues dans ce secteur proposent des conditions d’accueil parfois déplorables qui jettent le discrédit sur toute la profession :  toutes les mauvaises expériences entendues ça et là entretiennent un climat de crainte et de suspicion à l’égard de toutes les assistantes maternelles, mettant malheureusement tout le monde dans le même panier. Stéphane avait, à l’époque, fait le choix de la crèche pour ses propres enfants, effaré par les récits de ses collègues. Aujourd’hui, il a à cœur de promouvoir notre métier, de montrer que l’accueil familial peut et doit rimer avec qualité.

Pour les enfants de Stéphane, il n’est pas toujours facile de voir leur papa si disponible avec les enfants qu’il accueille, lui qui l’était beaucoup moins avec eux lorsqu’ils étaient petits. C’est souvent le cas de nos enfants qui, à tous âges, doivent apprendre à composer avec notre disponibilité, à partager leur chambre, parfois leurs jouets, et toujours l’attention de leur parent avec ces bébés qui prennent beaucoup de place dans notre vie. Nous exerçons « un métier dont l'art est délicat, l'exercice passionnant et la pratique éprouvante » (1) Pour Stéphane qui a maintenant trouvé son rythme de croisière, entre sorties en forêt, séance de lecture et activités manuelles, les premiers pas dans notre métier n’ont pas été si faciles, la solitude et les longues journées sans voir d’adultes n’étant vraiment pas évidentes à vivre. Le Ram ayant fermé faute de moyens, la bibliothèque proposant des séances aux assistants maternels à des horaires incompatibles avec la sieste des bébés, Stéphane a pu souffrir, comme beaucoup d’entre nous, d’un manque d’échanges et de relations professionnels, frisant parfois l’exclusion sociale. Ce métier qui demande « patience, organisation et imagination », Stéphane l’exerce maintenant avec joie, même s’il constate que la gestion des parents est souvent plus difficile que celle des enfants et s’il avoue même « deux cas compliqués » durant ses quelques années de pratique. Les mamans sont plus communicatives et restent volontiers papoter avec leur assistant maternel, les papas allant plutôt à l’essentiel. Aucune crainte de rivalité ou de compétition entre ces mamans et leur « nounou », et même une pointe de fierté d’avoir su dénicher « la perle rare ».
Francoise Näser

(1) Rapport Giampino, 09 Mai 2016, p.116

 

Pour en savoir plus sur le monde des assistantes maternelles :

            

 

Illustrations :

- trouvée sur fb
- https://fr.123rf.com/photo
- https://www.ajib.fr/serie-les-cles-de-leducation-la-place-du-pere-aupres-de-lenfant/

 


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