Publié le 22.11.2014 par ChroniqueAssmat :: Mon actualité :: Mise à jour le 22.11.2014

Associations en danger ?

Témoignage :


"Lorsque j’ai formulé le vœu de devenir assistante maternelle, la puéricultrice et sa collègue de la DDASS ont été emballées par mon projet car j’avais pris le temps de réfléchir.                               

Depuis quelques mois en effet, j’avais rencontré des assistantes maternelles de ma commune et des communes environnantes en les abordant lors de promenades. Elles m’avaient volontiers  parlé des différents aspects de leur métier, que dis-je ?! Leur passion pour les bébés et les très jeunes enfants !
La plupart déclarait également se regrouper en association ou au RAM pour leur bien-être et celui des petits : "Vous comprenez, l’isolement devient pesant à la longue et les petits apprécient beaucoup de retrouver des copains. »                                                                                                              
Le témoignage d’une autre était plutôt axé sur la complémentarité Association/RIPAME :                
« La première me permet une fréquentation libre, des activités libres, des relations amicales. Pour aller au second, il faut s’inscrire à l’avance aux ateliers dirigés pour les enfants ou bien à des petites formations ou animations pour les assistantes maternelles, le soir ou le samedi. Je m’y rends très peu car le rythme des bébés ne colle pas toujours avec les horaires des activités. Et puis le RAM ne peut pas accueillir toutes les demandes, on est si nombreuses ! C’est  un lieu d’informations qui s’adresse aussi aux familles. »


Voilà ce que j’ai résumé aux deux dames qui étaient venues pour l’agrément. Elles m’ont demandé si je comptais rejoindre une association car je n’avais pas accès au RAM. Je leur ai carrément avoué que j’avais très envie de monter une association afin de fédérer les assistantes maternelles de ma commune autour de projets pour les petits et créer des liens entre nous. J’en connaissais déjà cinq qui étaient intéressées ! Les deux dames m’écoutaient attentivement .Elles ont abondé dans mon sens en précisant une condition essentielle : «  un local adapté et non pas des rendez-vous sauvages  chez les unes ou les autres ; ça s’est déjà vu et c’est totalement illégal ! Vous pourriez perdre votre agrément ! » Me voilà prévenue.
La puéricultrice a toutefois ajouté que ces regroupements ne devaient pas excéder une heure car il fallait tenir compte des rythmes différents chez chacun des petits accueillis. Ma démarche était dynamique et il est certain que ces temps collectifs étaient bénéfiques à toutes et tous ! J’étais contente de leur constat qui était tout à fait favorable.

L’année suivante, j’étais Présidente d’une association qui avait l’accord et le soutien de la mairie : une petite subvention et le prêt du CLSH en dehors des temps de garderie et de ménage, de 10h30à midi. Une dizaine de collègues heureuses et motivées fréquentaient ce local, une, deux ou trois fois par semaine sur les quatre matinées disponibles. La notoriété de l’association nous a permis d’avoir un travail régulier car nos temps collectifs étaient plébiscités par des parents qui recherchaient du cocooning chez une assistante maternelle mais aussi un accueil ouvert aux autres.
Trois ans plus tard, il y a eu la création d’un RAM et d’un LAEP intercommunaux. Nous avons donc perdus deux des quatre créneaux dont nous bénéficions. C’est à cette époque-là que les commentaires déplacés sur notre travail ont commencé.                                                                            

En assemblée générale du RAM, l’animatrice vante les mérites du lieu qui « participe à notre professionnalisation en nous offrant des animations variées, en toute sécurité car encadrées par une professionnelle de la petite enfance, diplômée EJE. » Est-ce que ça veut dire que nous ne sommes pas capables de proposer nous -même des activités adaptées à nos petits ? Que faisons-nous à notre domicile ? Qui garantit la sécurité des petits chez nous ?
Ces propos raisonnent dans ma tête et mon haut-le-cœur devant une telle propagande me donne envie de quitter la salle mais je ne peux pas ; je serais aussitôt stigmatisée.
A la rentrée, le personnel municipal du CLSH nous accueille froidement: désormais nous n’avons plus accès au local qu’une matinée par semaine car elles ont changé le protocole d’entretien des locaux. Je leur demande si elles peuvent envisager un ordre de nettoyage des quatre salles pour que la seule qui nous est attribuée soit disponible à 10h30.On me répond sèchement « c’est comme ça un point c’est tout ! ».Je réponds que ce n’est pas juste de nous traiter ainsi et que nous allons demander une solution à la mairie. Je prends rendez-vous avec le maire qui me reçoit quelques jours après , en compagnie d’une partie de son conseil municipal .On nous reproche «  l’agression du personnel du CLSH ,attitude préjudiciable et en l’absence d’une convention pour l’usage du local ,il n’est plus possible de poursuivre la fréquentation du local ». Mon cœur est piqué au vif, mon honneur bafoué mais j’ai du sang froid et je raisonne plutôt vite et bien !                                                                              
- "Laissez-moi quelques minutes pour plaider ma cause, demandez-donc à ces personnes qui portent des accusations lourdes de venir les reformuler en public, ici ,devant moi et devant le conseil .Je suis certaine qu’elles ne viendront pas car je n’ai absolument rien à me reprocher , ni aucune de mes collègues !Je suis venue vous demander une solution pour permettre à l’association de poursuivre ses activités .J’ai à cœur de préparer une convention avec votre accord et d’occuper le CLSH ne serait-ce qu’une fois par semaine , pour le bien-être des enfants , la joie des assistantes maternelles et la satisfaction des parents ! " 
- Bien, je vous euhhhh, nous vous écoutons.                                                                                                  Plaidoirie de quinze minutes, coupée sans excuse par la déléguée aux affaires sociales : 

« mais enfin, votre profession prévoit une garde exclusive à domicile ! »     

- "non Madame, il s’agit d’un accueil et il est écrit nulle part que nous n’avons pas le droit de proposer des activités en dehors de nos murs ou bien dans un local. D’ailleurs le médecin de PMI a donné son aval à la mairie pour notre activité alors qu’il venait d’inaugurer les locaux."


Le maire  a décidé de nous permettre la poursuite des activités, avec la rédaction obligatoire d’une convention à réaliser entre la déléguée et moi, les attestations parentales et le contrat d’assurance à fournir. Il a tranché. Avis favorable, ouf ! Mais pas de nouvelle depuis, malgré ma proposition de convention rédigée et remise au Maire en même temps que tous les justificatifs réclamés.


Mercredi dernier, c’est à la bibliothèque que nous étions « trop nombreuses », alors qu’il n’y avait personne d’autres que quatre assistantes maternelles avec neuf enfants. Mon âme de lectrice/écrivain à ses heures/conteuse tous les jours voyait là un bon moyen de promouvoir la lecture et la fréquentation de la médiathèque ! Pourquoi devrait-on se contenter des trois séances par an, réservées aux nounous (découvertes d’album pour tout-petits) ?….c’est sur inscription et il a dix places enfants et cinq places adultes… !


Pourquoi un tel acharnement envers nous ? Pourquoi un tel mépris de nos personnes ? Pourquoi un tel rejet de nos bonnes idées et de nos initiatives ? Parce que notre intelligence fait peur ! Parce que les parents nous apprécient et que les enfants nous aiment ! Parce qu’on sait faire des tas de choses avec des petits moyens et parce que nous sommes de bonnes collègues qui travaillent avec passion, professionnalisme et une équipe soudée !"

témoignage de Danièle la Bretonne
(illustration du blog.vercorsenfantillage.fr)

 

 

toujours en librairie ou sur les sites de vente en ligne 12€

 


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Par lalaitou12 le 23.11.2014


superbe commentaire !! je m'y retrouve complètement !! enfin,moi et l'asso que nous avons monté avec les collègues ! depuis un an nous demandons ,en vain, une matinée supplémentaire au relais de notre commune ( 40 assmats sur la commune donc ne serais ce qu'une vingtaine sur une seule matinée avec leurs enfants en plus ,c'est beaucoup trop!!!) mais fin de non-recevoir !!! on se doit d’être encadré par une professionnelle (bien sur,nous ne le sommes pas!!!) et le planning de l'animatrice de relais ne peut pas être extensible ???? sauf que le matin où elle est dans les locaux pour de l'administratif , elle pourrait nous laisser dans la salle à coté !! nous ne sommes pas des délinquantes qui abîmeraient les locaux ou détruiraient les jouets !!!!! on nous a proposé un autre local sans aucunes mises aux normes et sous réserve que nous taisions nos informations ,le site internet de l'asso et j'en passe encore !!!! TRES déprimant mais nous continuons, nous nous réunissons en ballades , toujours en extérieur mais avec l'hiver approchant , on va rester cloitrer un peu dedans !! pour ma part, j'abandonne le relais, les activités se font chez moi et pour les infos je sais où aller les chercher !!! bref, pas que du bonheur pour le soutien de nos administrations mais que du bonheur de continuer avec les loulous !

1 Réponse(s)

ChroniqueAssmat à répondu le 25.11.2014


une situation de plus en plus fréquente ...

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