Publié le 11.01.2015 par ChroniqueAssmat :: Mon actualité :: Mise à jour le 11.01.2015

 Je voudrais rendre hommage à ma fille et à tous ceux qui, comme elle, tendent quotidiennement la main aux enfants. Ma fille travaille dans une école où elle est confrontée tous les jours à la violence : celle des enfants, mais aussi celle des parents. Régulièrement, elle est agressée verbalement, parfois physiquement.

Pourtant, tous les jours, elle va travailler avec bonheur car elle a l'intime conviction que ce qu'elle fait est utile, indispensable, vital.

Elle est régulièrement témoin de la détresse de ces enfants, si petits, et déjà rejetés car perturbateurs, violents, mal élevés. Ils font peur. Eux aussi souvent, ont peur. Leur contexte familial est difficile. Connaître leur histoire familiale, assister impuissante à la violence dont ils sont eux-mêmes victimes, ou bien à la simple indifférence de leur entourage, à la négligence parfois, ajoute à la difficulté d'arriver à se positionner face au problème.

 

Ces enfants qui passent de très longues journées à l'école, et qui, pendant les vacances, ne connaissent aucun répis car ils passent encore de très longues journées au centre de loisir : pas de grasses matinées pour eux… Qui se charge de leur éducation ? Qui est là, sécurisant et contenant, pour éviter qu'ils ne soient livrés à eux-mêmes ? Qui leur enseigne les valeurs morales qui seront les leurs à l'avenir ? Qui est responsable de ces enfants ? Qui se sent responsable de leur avenir ?

Pourtant ce travail qui tient tant au cœur de ma fille, ce travail dans lequel elle investit autant, est un emploi précaire. Il lui aura fallu du temps pour devenir une figure d'attachement pour ces enfants qui n'ont souvent aucun repère affectif, pour créer du lien avec des familles peu habituées à ce qu'on s'intéresse à elles.  Du temps pour gagner leur confiance. Juste assez de temps pour voir son contrat se terminer : une absurdité de plus dans notre société ?

 

En attendant, le Plan Vigipirate  est activé à son  niveau le plus élevé « alerte attentat » : il faut bien rassurer. On demande qu'un adulte soit posté à l'entrée de l'école. C'est donc ma fille, qui armée de son seul courage, joue ce rôle de l'adulte protecteur. Avec humour, elle se demande quelle serait sa réponse face à des individus armés cherchant à s'introduire dans l'école ? " Il faut prendre rendez-vous pour parler au directeur ... " ou bien "c'est fermé, revenez plus tard ...". L'humour, la seule arme contre la terreur.

Nous avons tous conscience que la violence trouve son origine dans la petite enfance : nous avons tous conscience que de gros efforts sont à faire dans ce domaine. L'éducation est la seule réponse à la barbarie. Toutes les personnes qui travaillent avec des enfants ont un rôle à jouer et une part de responsabilité. Mais en avons-nous les moyens ?

Merci à tous ceux, qui, au quotidien, tendent la main aux enfants !
Françoise Näser
(illustrations sur nityavarnes.unblog.fr et www.sierre.ch)
 

est l'auteure de

Une vraie vie de nounou 

sorti en 2012  
toujours en librairie                                  
ou sur les sites
de vente en ligne
12€
                         

 

 

 


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Par loetitia le 03.02.2015


belle declaration d amour pour une belle personne intelligente qui veut y croire encore ....

1 Réponse(s)

ChroniqueAssmat à répondu le 03.02.2015


Une maman fière de ses enfants !!!

Par Chez Nounou Maryjo le 17.01.2015


je trouve ce témoignage très juste ! En effet EN AVONS NOUS LES MOYENS

1 Réponse(s)

ChroniqueAssmat à répondu le 18.01.2015


Y a-t-il une volonté politique pour privilégier l'éducation ? Et les budgets ?

Par sylvielo le 11.01.2015


Une chronique touchante

1 Réponse(s)

ChroniqueAssmat à répondu le 18.01.2015


merci Sylvie :)

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