Publié le 05.05.2015 par ChroniqueAssmat :: Mon actualité :: Mise à jour le 07.05.2015

Pourquoi et comment le bébé devient-il "propre" ?

Excellent article de Marie Decaen, pédagogue, en pages 24-30 intitulé : « Pourquoi et comment l'enfant devient-il propre ? »

Loin des poncifs habituels basés sur les capacités motrices de l'enfant (monter et descendre les escaliers etc), Marie Decaen nous ouvre d'autres perspectives, intégrant le respect de l'enfant, la bienveillance, la confiance et surtout, indispensable pour nous assistantes maternelles, la notion de partenariat avec les parents.

J'ai toujours été gênée personnellement, par le terme « propreté » ou « devenir propre » comme si l'enfant avait été sale avant que l'on en vienne à s'occuper de son cas ! Mais comment nommer autrement cet apprentissage de l'utilité et de l'usage des toilettes ? « Tous les humains marchent, parlent et sont en capacité de contrôler leurs sphincters parce que cela fait entièrement partie de leur développement » (page 25)
Voilà la réponse au « pourquoi ? » L'enfant est tout simplement programmé pour ça.

 

Quant au « comment ? », Marie Decaen nous retrace rapidement l'historique de cette propreté, du dressage et du conditionnement, à l'actuel apprentissage : c'est dans les années 60 «qu' est avancée l'idée qu'il existe des préalables physiques (la maturation des sphincters), intellectuels (la compréhension de la demande) et affectif (le désir de plaire) à l'acquisition de la propreté ». On met alors les parents en garde contre les dangers liés à un apprentissage trop précoce, ou bien trop tardif. Il faut donc rester aux aguets pour ne pas rater le bon moment : « ce raisonnement tend évidemment à culpabiliser les mères » … Il est néanmoins vrai que certains signes avant-coureurs sont à observer.

 

 

La partie de l'article qui m'a donc le plus intéressée est celle parlant de l'alliance des adultes autour de l'enfant, de l'indispensable coopération avec les parents, dont la principale question est : comment faire pour qu'il soit propre pour la prochaine rentrée scolaire ?, incontournable dilemme pour nous assistantes maternelles « alors  qu'on est censé se trouver dans une approche plus moderne et plus respectueuse de l'enfant, dans laquelle ce dernier serait considéré comme acteur de son développement ». Oui, mais … il y a la date fatidique de l'entrée à l'école ( même si le lien entre l'accès aux savoirs intellectuels et l'absence de couches n'est pas évident à mettre en évidence) !

 

 

En tant qu'assistantes maternelles bienveillantes et bien-traitantes, nous sommes souvent tentées de vouloir expliquer aux parents que leur enfant ne nous semble pas prêt pour cet apprentissage, et à prendre sa défense lorsque ceux-ci veulent « trop tôt » commencer à lui enlever les couches. C'est là que les propos de Marie Decaen me semblent remettre en question de manière intéressante ce qui peut nous sembler évident : ne pas oublier de prendre en compte dans l'équation la demande parentale. « Quelles que soient les connaissances des professionnels sur la maturation neuromusculaire et psychique nécessaires à tout apprentissage de la propreté, celles-ci ne pourront être transmises aux parents que si les professionnels acceptent d'envisager que ce qui intéresse les parents est d'arriver à cette fin : avoir un enfant propre pour la rentrée scolaire. » (page 29)


Notre bienveillance ne doit donc pas s’exercer uniquement envers l'enfant, mais aussi envers ses parents : dans ce climat de confiance réciproque (car les parents devront également accepter de comprendre les contraintes des assistantes maternelles) il devrait donc être envisageable, même si aucun des critères requis n'est visiblement présents, d'accepter cette coopération : « Ainsi, suivre un parent qui a décidé d'enlever les couches de son enfant, y croire avec lui et embarquer le petit dans cette confiance réciproque est sans doute tout autant éducatif que respecter d'hypothétiques critères fluctuants et prescripteurs ».

Attention, on parle ici d'un climat de bientraitance, de confiance dans l'enfant, de respect, de droit à l'erreur (si l'essai n'est pas concluant, reporter à plus tard cet apprentissage) : ni contrainte, ni punition, ni réprimande, ce qui serait sans aucun doute à considérer comme de la maltraitance. Il n'est nullement question d'enlever les couches du jour au lendemain, sans concertation, uniquement parce que le parent en a décidé ainsi ! « C'est donc bien la concertation, la confiance, la communication entre les acteurs : l'enfant, les professionnels et les parents, qui permet de trouver ensemble des solutions acceptables pour tous » (page 30) (photo issue du blog : http://www.les-supers-parents.com/)

 

Dans un article aussi complet, il manquait peut-être une allusion aux nombreuses cultures où les enfants ne portent pas de couche. Le « pourquoi du comment » aurait été sans doute également très intéressant à comprendre et  nous aurait permis de nous positionner en cas de demande parentale de ce genre !

 

                                   Françoise Näser     

 

 

 

 


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Par anita labesse le 10.05.2015


Bravo françoise une nouvelle fois pour cet article. J'ai reçu le magazine et je n'ai pas encore eu le temps de lire l'article de Marie Decaen. J'ai été confronté à ce dilemme pour tous les enfants que j'ai accueillis, sans exception ! difficile d'instaurer cet réciprocité. C'est aussi dur pour nous assistante maternelle de vouloir faire bien pour l'enfant et pour l'enfant en devant sans cesse aller contre nos convictions. Psychologiquement, c'est usant mais c'est bien la preuve qu'on essaie au maximum d'aller dans le sens des demandes des parents. L'équilibre est fragile pour que chacun se sente entendu !

2 Réponse(s)

ChroniqueAssmat à répondu le 10.05.2015


Tout à fait, l'équilibre est très difficile à trouver. Aller contre ses convictions ? Oui, c'est frustrant, usant et souvent décevant. A chaque nouvel accueil, on apprend un peu mieux à se positionner et cela dans tous les domaines ... J'ai aussi eu mon lot d’accueils difficiles, où l'on désespère parfois.

anita labesse à répondu le 10.05.2015


rectification : "pour l'enfant et pour le parent"... oups

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