Publié le 26.09.2014 par ChroniqueAssmat :: Chronique littéraire :: Mise à jour le 08.11.2014

Ce livre est une retranscription mot à mot d'une conférence de Jean Epstein et ceux qui l'ont déjà entendu reconnaîtront immédiatement certains passages récurrents, qu'il cite bien souvent, ainsi que son style fleuri et imagé, disons-le, inimitable ! On retrouve aussi de longs passages de ce livre dans « Comprendre le monde de l'enfant », à partir de la page 38 : « une étude sur les causes de la violence » …

Ceux qui n'ont jamais entendu Jean Epstein en conférence (levez le doigt, vous n'êtes pas nombreux!) et ceux qui n'ont pas lu cet autre livre, vont donc découvrir son analyse de la violence dans les lieux d'accueil et en particulier chez nous, les assistantes maternelles.

Si le sujet des violences est pourtant un thème qui ne porte guère à rire, Jean Epstein réussit avec humour à faire passer ses messages. En effet, il n'est pas rare, lors de ses conférences, d'entendre toute la salle éclater de rire ! Sa description des activités en crèche, page 25, ferait froid dans le dos, par exemple, si elle n'était pas dite sur le ton de l'humour : «  Il m'est arrivé d'aller dans des crèches très stimulantes, avec un programme pédagogique : de huit à neuf heures, collage de gommettes ou collier de nouilles, c'est en ateliers . De neuf à dix heures, éveil à la musique ; de dix à onze heures, motricité ; onze heures, on se lave les mains (on mange, on mange de bonne heure dans les crèches), le personnel dit que c'est mieux pour les enfants, non c'est mieux pour prendre un café de bonne heure. Midi, sieste ; quatorze heures, réveil et mur d'escalade ... »   

                                                                                                                                                        

Son analyse sur les neuf causes de la violence éclaire parfaitement le sujet. De même la question de savoir si l'éducation est une violence, avec l'importance des interdits et des sanctions. Et les inévitables violences « dites invisibles » ( personnellement, je préfère de loin ce terme à celui des douces violences). Un grand bravo aux paragraphes concernant la bientraitance qui est au cœur de notre métier : « La bientraitance, c'est le respect des différences, c'est valoriser les compétences individuelles de l'enfant et le prendre en compte avec ses rythmes, avec ses rites, ses rituels et ses objets transitionnels. » (page 61) «  La plupart des origines des violences, c'est que les enfants sont disqualifiés, dévalorisés et qu'ils ont perdu confiance en eux et cette estime de soi qui est complètement essentielle. » (page 63)

 

 

On ne peut que regretter que le dernier chapitre consacré aux violences faites aux assistantes maternelles soit si court (de la page 69 à 80) alors qu'il y aurait tant à dire ... Citons juste un exemple, ô combien vrai : « Les journalistes parlent peu de l'assistante maternelle à la télé sauf lorsqu'il y a des bébés secoués ou une assistante maternelle au black dans un square et qui « tape la belote » pendant que les enfants sortent du parc. Je veux dire par là que les médias, sans le vouloir et sous couvert de véhiculer l'information, déforment l'image de ce métier. A chaque fois que l'on parle de ce mode de garde, c'est pour dire des choses complètement anxiogènes à chaque nouveau drame. » (page 76)

Merci Monsieur Jean Epstein !

 

 

 

toujours en librairie ou sur les sites de vente en ligne, 12€

 


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Par sylvielo le 20.10.2014


livre en commande ; reste à lire merci pour cette chronique

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