L'association Ainsi Font

Publié le 24.06.2017 par ChroniqueAssmat :: Mon actualité :: Mise à jour le 26.06.2017

La loi n° 2010-625 du 09 juin 2010  sur la création des Mam dispose que les assistantes maternelles peuvent travailler à domicile ou en Mam. Il n'y est malheureusement plus fait allusion à la possibilité de nous regrouper de manière informelle ou au sein d'une association  (1), pour proposer aux enfants que nous accueillons des temps d'activités ou de jeux, favorisant ainsi leur socialisation, et luttant contre l'isolement et la solitude liés à notre profession.

La triste histoire de l'association Ainsi Font en est un exemple parmi tant d'autres. Partout en France, les associations d'assistantes maternelles sont actuellement sur la selette. Nos collègues d'Aulnay-sur-Mauldre (78) se sont fait rappeler à la loi (mais plutôt à l'absence de loi !) par les services de PMI tandis que le Maire de la commune leur refuse désormais l'accès à la salle qu'elles occupaient jusqu'à présent sans problème, arguant que sa responsabilité pénale serait engagée en cas de problème, si les parents devaient un jour porter plainte contre lui.

 

 

Monsieur le Maire propose donc à la place de ces temps de regroupements associatifs, la création d'une halte-garderie et d'un Ram dont le directeur, EJE, "chapeauterait de manière professionnelle" les activités de nos collègues qui se voient donc, une fois de plus, reléguées au rang de non-professionnelles, incapables de s'auto-gérer... (ce qu'elles faisaient très bien jusqu'à maintenant, à la satisfaction de tous)

Myriam Pavie, présidente de l'association Ainsi Font ne souhaite pas en rester là et a donc lancé une pétition pour qu'une convention soit signée entre les différentes parties en question et permette à nos collègues d'occuper à nouveau une salle communale.

A la place, le Maire propose maintenant la création d'un LAEP, ce qui ne satisfait nullement nos collègues. Il est à noter que les villages aux allentours mettent sans problème des salles communales à disposition des associations d'assistantes maternelles, voyant bien tout l'intérêt de ces temps de regroupement, tant pour les enfants que pour les professionnelles, regroupements plébiscités par les parents-employeurs.

 

Il est urgent de légiférer sur ce sujet et de rétablir dans leur légalité les associations d'assistantes maternelles. Elles ne font pas de concurrence aux Ram, ainsi que peuvent le craindre les mairies qui les financent en partie,  mais en sont tout au contraire compémentaires. Ces regroupements informels ou associatifs sont indispensables à l'équilibre de tous, professionnels et enfants. Néanmoins,  il est clair que "les services de Pmi sont cependant légitimement embarrassés par ce cas non prévu par la règlementation" (2). Suite au courrier de Monsieur Olivier Lebrun, vice-président du Conseil départemental, daté du 30 mars 2017, le collectif 78 et sa présidente, Béatrice Lebec, reste vigilant à l'évolution de la situation sur ce département et soutient les associations en difficultés.
 

 

La réunion du 13 juin 2017 à la Mairie de Versailles à l'initiative de notre collègue Inès Silvestre, porte-parole du comité pour la défence du statut d'assistante maternelle, en présence, entre autre, d'Olivier Lebrun, aura peut-être fait évoluer ce dossier puisqu'il y a clairement exprimé qu'il n'était  "pas question d'interdire les regroupements dans les salles municipales, à des fréquences raisonnables, dans les limites permises par l'exercice hors de chez soi.". Or, ces fameuses limites restent très floues et interprétables de manières aléatoires par les Pmi locales et les mairies, en l'absence de loi....

 

Témoignage de Myriam Pavie, Présidente de Ainsi Font :
« Depuis février, date à laquelle tout a commencé, je me bats pour tenter de préserver les matinées d'éveil, avec une foi inébranlable dans le bien fondé de nos matinées […] Aujourd'hui malgré qu’ Olivier Lebrun l'ait appelé, et ait clarifié les choses le 13 juin, notre maire reste sur sa position, au détriment de l'épanouissement des petits et de leur bien-être ; je suis personnellement désespérée et ne sais plus quoi faire, à part être confinée et assignée à residence.  Dans notre petit village, nous n'avons même pas un commerce, ni de bibliothèque, rien. L'hiver va être très long.... voilà, demain nous remettrons notre pétition qui atteint plus de 33% de votants, à notre maire, mais en sachant que mis à part un miracle, il ne cèdera pas pour autant. Il va faire un LAEP qui évidemment ne nous concerne pas, et nous rattacher à un Ram, deux heures par semaine, car en plus de nous retirer le local il s'est employé à dénigrer la profession, nous traitant, sur de nombreux supports, de « hors la loi », de personnes qui doivent être chapeautées, comme si les 22 années d'assmat, mes formations CAP Petite Enfance, Bafa, et 19 ans de présidence d'association, tout cela ne comptait pas... c'est humiliant et rabaissant au possible et cela m'a brisé le cœur. Nous sommes aujourd'hui à la recherche d'un local, qui pourrait nous permettre de reconduire nos matinées d'éveil sans être dépendantes de ce monsieur. »

 


(1) Artcile 108, loi n°2008-1330 du 17 décembre 2008 de financement de la sécurité sociale pour 2009 : "Par dérogation à l'article L.421-1 du code de l'action sociale et des familles, l'assistant maternel peut accueillir des mineurs dans un local hors de son domicile."
(2) Rapport Giampino, page 181

illustrations :
Le courrier de Mantes ou sur www.78actu.fr
https://ambijans.wordpress.com/2010/04/page/3/

 

 


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