Le zéro déchet, c'est pas nul !

Publié le 02.11.2017 par ChroniqueAssmat :: Mes chroniques mensuelles :: Mise à jour le 09.11.2017

Ma chronique de juillet 2017 :

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » (1) c’est un peu la maxime de Sophie, écolo dans l’âme depuis toujours et militante éco-responsable. Elle qui avait fait le choix d’un style de vie plus naturel, qui achetait déjà des produits plus sains, qui prenait soin de ne polluer qu’un minimum, d’économiser l’énergie et d’être vigilante sur l’origine des aliments que consomment les siens, eh bien, Sophie a fait, il y a quelques années, un pas de plus sur le chemin du développement durable. Dans sa famille, la réflexion allait bon train à propos des petits gestes du quotidien qui pourraient encore alléger son impact environnemental, lorsque la nouvelle rocambolesque était tombée : la taxe couche-culottes (2) pour les assistantes maternelles, accusées de remplir,  plus que leurs concitoyens, leur poubelle de couches et de pots de yaourt ! Heureusement, nos collègues s’en étaient défendues et le projet avait été abandonné. Chez Sophie pourtant, l’idée de produire moins de déchets avait commencé à germer et avait donné lieu à des discussions en famille. C’est finalement grâce au livre « La famille (presque) zéro déchet » (3) offert par sa fille, qu’elle avait commencé à adopter un autre mode de vie. Réfléchir et repenser son mode de consommation n’est pas toujours chose aisée et les conseils contenus dans ce livre avaient permis une transition tout en douceur, étalée sur une année. Changer ses habitudes, sortir de sa zone de confort, c’est excitant mais aussi un peu angoissant !

Le conseil de Jérémie Pichon : commencer par le geste qui sera le plus facile pour vous et surtout, qui vous fera plaisir, car chaque étape franchie, chaque petit succès est source d’une grande satisfaction. Et quand on a commencé à changer ses habitudes de consommation, on ne s’arrête plus ! Vous avez envie de cosmétiques plus naturels : n’hésitez plus, faites-les vous-même. Vous avez envie de légumes plus sains : lancez-vous, créez votre potager. Il avait donc fallu chez Sophie trier les placards, en supprimer au fur et à mesure les boites en carton pour utiliser des bocaux en verre, remplacer petit à petit les produits ménagers par du vinaigre blanc et du bicarbonate de soude, et surtout, faire ses courses autrement pour éviter les contenants polluants. Les sacs plastiques, les aliments sous blister, les emballages en tout genre qui remplissent nos poubelles, c’est terminé : Sophie achète désormais ses produits en vrac au rayon de son supermarché munie de ses sacs en tissu, ses fruits et légumes chez son maraîcher, sa viande en  petites quantités chez son boucher. Elle fabrique ses yaourts elle-même, de manière générale cuisine plus et son composteur maison marche à plein temps ! Son activité d’assistante maternelle a bien sûr été repensée avec cette même logique : les jouets en plastique ne seront plus remplacés, et Sophie inventera de nouvelles manières de jouer à base principalement de matières et d’objets recyclés. Reste l’épineux problème des couches : Sophie utilise volontiers des couches lavables et conseille ses jeunes parents-employeurs dans ce sens, mais respecte leur choix s’ils s’en tiennent aux couches classiques.

Ses parents-employeurs sont en général sensibles à ses efforts d’amélioration de l’environnement de leur enfant, des repas bio faits-maison et de l’utilisation de produits ménagers plus naturels. Pour autant, seraient-ils prêts à payer plus pour l’accueil de leur petit ? Sophie en doute, et c’est pourquoi l’apparition d’un label EcoAccueil (4) sur le marché la laisse sceptique. Un label relativement cher pour les salariées que nous sommes et un engagement sur trois années qui représentent un pari sur l’avenir assez risqué compte tenu de la précarité de notre métier où notre situation professionnelle peut changer très vite ! Labelliser les assistantes maternelles en prenant exemple sur les crèches ? Les spécificités de l’accueil individuel rendent une évaluation plus difficile car notre lieu d’accueil est aussi notre cadre de vie et de celui de notre famille. Et comment évaluer la qualité de notre travail avec les enfants ? De plus l’engagement dans cette démarche, basée sur le volontariat et l’auto-évaluation, et l’absence de contrôles peuvent laisser perplexe ! Sophie considère plutôt son engagement pour l’environnement, son intérêt pour l’économie circulaire et sa démarche de réduction du gaspillage et des déchets comme un acte citoyen, une affaire personnelle. Chaque nouvelle décision est débattue en famille : les shampoings faits maison, c’est oui, mais monsieur veut garder son déodorant ! Le papier essuie-tout remplacé par du tissu (5), c’est oui, mais le papier toilette, pas question ! Pour Sophie et sa famille le changement est en marche, mais d’autres vont encore beaucoup plus loin : « zéro déchet, zéro pétrole, zéro viande, zéro compétition, etc. Mais avec zéro frustration et 100 % dans la joie. » (6)
Françoise

     

 

(1) Antoine Lavoisier (1743-1794), chimiste, philosophe et économiste
(2) https://lesprosdelapetiteenfance.fr/assistantes-maternelles-bientot-une-taxe-couche-culotte-en-haute-garonne
(3) http://www.famillezerodechet.com/ « Famille (presque) zéro déchet – ze guide » Jérémie Pichon et Bénédicte Moret, éditions Thierry Souccar, Vergèze, Mars 2016
(4) http://www.ecolo-creche.fr/
(5) Par exemple chez : https://www.petit-poh.com/
(6) Pascal Greboval, Kaizen n°34, page 3


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