Publié le 20.05.2013 par Administrateur :: Chronique littéraire :: Mise à jour le 11.09.2016

J'ai adoré ce livre de 500 pages, aux éditions  « presses de la cité », acheté sur un coup de cœur, à cause du titre amusant et de la couverture …

Jonas Jonasson nous livre un road movie suédois des plus déjantés : Allan, 100 ans, s'enfuit de sa maison de retraite et rencontre dans sa cavale des personnages tous plus loufoques les uns que les autres, qu'il entrainera avec lui, jusqu'à former une petite bande d'amis inséparable (dont un pachyderme!). En parallèle, on découvre la vie plus que mouvementée qu'a menée ce personnage haut en couleur, dynamiteur professionnel … Des goulags de Sibérie au bureau ovale de la Maison Blanche , il aura tout vu et tout connu !

Très drôle : à recommander pour se changer les idées !

 

 

 

 

un joli livre grave et poignant sur les secrets de famille, les coïncidences qui n'en sont pas, et des générations de femmes marquées par le malheur. A ne pas lire en période de déprime ! Un peu beaucoup de descriptions à mon goût, mais un joli livre tout de même. Ma citation préférée, page164/165 :
"Non, ça ne me dérange pas, la pluie d'été. En fait, j'aime bien ça. C'est ma pluie préférée." [...]
"Eh bien moi j'aime la pluie avant qu'elle tombe". Rebecca s'est contentée de sourire, mais moi j'ai répliqué (de façon assez pédante, je suppose) :
"Tu sais, ma chérie, avant qu'elle tombe, ce n'est pas vraiment de la pluie.
-Qu'est-ce que c'est alors?" Et j'ai expliqué :
"C'est de l'humidité, rien de plus. De l'humidité dans les nuages.
"[...] J'ai continué: "Tu comprends, ça n'existe pas, la pluie avant qu'elle tombe. Il faut qu'elle tombe, autrement ce n'est pas de la pluie."[...]
Mais Théa ne semblait avoir aucun mal à saisir ce concept - bien au contraire : au bout de quelques instants, elle m'a regardée avec pitié en secouant la tête, comme si cétait éprouvant pour elle de discuter de ces matières avec quelqu'un d'aussi obtus.
"Bien sûr que ça n'existe pas, elle a dit. C'est bien pour ça que c'est ma préférée. Une chose n'a pas besoin d'exister pour rendre les gens heureux, pas vrai?
" Et puis elle a couru dans l'eau avec un sourire jusqu'aux oreilles, ravie que sa logique lui ait valu une si insolente victoire"
La logique des enfants, j'adore !

 

Les livres d'Amélie Nothom sont souvent qualifiés de littérature de gare, ce qui n'est pas très gentil ! Ce weekend pourtant, j'ai effectivement pris le train et emporté avec moi le petit livre « Stupeur et tremblements », en premier parce que je voulais le lire depuis longtemps, et en second parce qu'il ne pèse pas lourd dans le sac. D'Amélie Nothomb j'ai déjà lu « Hygiène de l'assassin » auquel je n'ai rien compris et qui m'a profondément ennuyé, pourtant Grand Prix du roman de l'Académie française 1999, et « Ni d'Eve ni d'Adam » que j'ai beaucoup aimé, l'histoire d'amour tragique d'Amélie avec un jeune Tokyoïte, où elle parle, vers la fin, de son expérience dans une entreprise japonaise,qui donnera quelques années plus tard « Stupeur et tremblements » : p.215 « Je menais une double vie. Esclave le jour, fiancée la nuit . »

Donc je me suis lancée en pensant à juste titre : un livre qui m'a ennuyé et un livre que j'ai adoré, c'est une bonne moyenne ! D'autant que j'aime cette personnalité exubérante et excentrique, pleine d'auto-dérision ! Elle devrait peut-être changer de chapelière, mais à part ça, tout le reste est génial. J'ai toujours pensé que Tremblements, faisait sans doute allusion aux tremblements de terre que doivent régulièrement subir les Japonais mais en fait pas du tout : « Dans l'ancien protocole nippon, il est stipulé que l'on s'adressera à l'Empereur avec « stupeur et tremblements ». J'ai toujours adoré cette formule qui correspond si bien au jeu des acteurs dans les films de samouraïs, quand ils s'adressent à leur chef, la voix traumatisée par un respect surhumain. » p.172
Amélie Nothom nous décrit le monde de l'entreprise japonaise, ultra hiérarchisée, où il s'agit surtout de ne pas perdre la face et de sauver l'honneur. C'est un choc des cultures et des mentalités ! Un tel dévouement à ses supérieurs et à l'entreprise en général, une telle abnégation et un tel esprit du sacrifice, peuvent nous paraître extraterrestres, à nous Occidentaux … Mais il faut tout de même savoir que le Japon est le pays où l'on se suicide le plus !

Moi je connais surtout les Japonaises pour leurs patchworks exquis et raffinés, d'une précision méticuleuse, sur des tissus gris ou indigos, déclinés dans toutes les nuances. Cela reflète toujours une passion du labeur qui ne peut faire que notre admiration ! Maintenant il me tarde de voir le film : il n'est jamais trop tard !

 

 


Quel magnifique livre, émouvant et bouleversant ! On admire ces femmes noires dans le Mississipi des années 60, leur volonté et leur force, leur courage de témoigner sur leurs conditions de vie et leur travail dans ces maisons de Blancs où on les méprise. Ces bonnes à tout faire qui élèvent les enfants d’autres femmes trop occupées à jouer au bridge, à recevoir et à médire les unes des autres. N’est-il pas surprenant que ces couples laissent leurs enfants à élever à des femmes qu’ils méprisent et ne cessent d’humilier à longueur de journée ?

La jeune Miss Skeeter réussit à convaincre Aibileen, la bonne de sa meilleure amie, de témoigner et de chercher d’autres volontaires pour écrire un livre. Toutes ces femmes ont peur et à juste titre car les lois écrites et les règles implicites interdisent tout échange ; ceux qui parlent le paient souvent de leur vie. On est tout à fait dans l’ambiance du film « Mississipi burning » ! Et pourtant, le livre de témoignages prend forme : certains chapitres sont positifs car les expériences ne sont pas toujours mauvaises, mais la plupart sont gorgés de détails difficiles, voire atroces.

Et ce sont justement ces détails qui leur servent en quelque sorte d’assurance ; c’est la garantie que lorsque les patronnes blanches vont se reconnaitre, elles feront tout pour prétendre que ce livre est une fiction ou qu’il s’agit d’une autre ville que la leur : pourtant personne n’est dupe ! On pense aussi à « la couleur pourpre » car la violence des propos est omniprésente, celle des gestes jamais loin !

Miss Skeeter est encouragée à écrire par une éditrice newyorkaise qui lui dit « ne perdez pas votre temps à des évidences. Ecrivez sur ce qui vous dérange, en particulier si cela ne dérange que vous ».Elle décide d’écrire ce livre en l’hommage à sa bonne adorée, à laquelle elle était bien plus attachée qu’à sa propre mère, disparue pour des raisons inconnues à son retour de la fac. C’est aussi pour elle une manière de s’émanciper et de se décider à quitter le Mississipi où elle n’est décidemment plus la bienvenue !

 

 

J’ai terminé ce matin la lecture de ce livre bouleversant. Une première lecture, car il me faudra le relire : j’ai surligné nombres de passages qui méritent plus de réflexion. Ce livre m’a fait rire et pleurer ; j’ai compris beaucoup de choses concernant le phénomène de la mémoire, car c’est le propre de Boris Cyrulnik d’expliquer simplement des choses compliquées. Ses livres se lisent comme des romans, passionnants et plein de suspense ! Même si l’on connait la fin, même si l’on sait que le petit Boris, raflé à Bordeaux l’âge de 6 1/2ans a bien survécu, on s’étonne de cette force de vie qui lui fait dire : « J’en ai aussitôt conclu que les adultes n’étaient pas sérieux et que la vie était passionnante. » (p.12)

Je vous livre un passage qui me concerne directement : « J’étais particulièrement indigné parce que deux petites filles s’appelaient « Françoise ». Chaque enfant, pensais-je, doit être désigné par un prénom à nul autre pareil. J’estimais qu’en donnant un même prénom à plusieurs petites filles on déconsidérait leur personnalité. Je commençais déjà ma formation psychanalytique ! » (p.18) Si je me suis fait appeler par un autre prénom, imprononçable et difficile à orthographier, la plus grande partie de ma vie, voilà l’explication ! Quelle injustice qu’il y ait toujours eu trois Françoise dans chaque classe !

Et pour conclure : « Pour s’en sortir, il vaut mieux comprendre que pardonner. »(p.286) J’adhère entièrement ! Je suis encore émue d’avoir eu le privilège de côtoyer ce grand homme durant le Congrès Mondial sur la Résilience en Juin 2012.

 à lire aussi : "Un merveilleux malheur", "Autobiographie d'un épouvantail", "Résilience connaissances de base", "Quand un enfant se donne la mort", "Je me souviens", "Les vilains Petits Canards" (tous passionnants)

 

 

 

Un thriller sur fond d’éco-terrorisme, d’anciens baroudeurs de la CIA et de choléra, j’ai tout d’abord pensé que ce n’était pas trop le genre de livre que j’aime, mais j’ai décidé de faire confiance à Jean-Christophe Rufin et à sa merveilleuse écriture. Cette histoire commence en Pologne par le cambriolage d’un laboratoire et se termine dans les favelas de Rio : « Rio, la nuit, sous la pluie, ressemble à une ville du Nord ruinée, avec ses tunnels vétustes et ses rues mal éclairées, ses trottoirs défoncés et ses lampadaires déglingués. Toute la grâce dont le soleil enjolive la misère disparaît. » p.569

Deux courants s’affrontent parmi les écologistes ; ceux qui défendent la nature et les animaux, en continuant à placer l’Homme au-dessus de tout le reste ( c’est l’écologie telle qu’on la connait chez nous) et une écologie radicale, pouvant mener au terrorisme et à l’action violente, décrétant que l’Homme est un fléau pour la terre et qu’il est donc nécessaire de s’en débarrasser : « Comment éviter la pression que les êtres humains imposent à la nature ? » p.406
Cette faction, appelée ici les Nouveaux Prédateurs, décident de s’attaquer à la démographie galopante et au sous-développement, en livrant la guerre aux pauvres grâce au choléra, maladie liée à l’absence d’hygiène et à la promiscuité. Ils se basent sur les écrits d’un professeur autrichien qui avait fait de nombreux adeptes lors de ses séminaires. Certains de ses anciens élèves restés en contact, décident alors de passer à l’action.

Cette question philosophique sur la place de l’Homme sur terre, sur l’absence de prédateur et de ce fait, sa prolifération entrainant la ruine des ressources, est passionnante et parfaitement traitée par Jean-Christophe Rufin. « Quand la limite des ressources est atteinte, le nombre des hommes stagne ou diminue. C’est la loi de Malthus » p.497 Médecin, pionnier de l’action humanitaire, diplomate, j’ai appris qu’il avait également été sollicité à plusieurs reprises pour mener des opérations secrètes, notamment dans le cadre de libérations d’otages, en Afrique et dans les Balkans.

Aux romans historiques (l’Abyssin, Sauver Ispahan, Rouge Brésil), tous extraordinaires,  s’ajoutent des romans plus contemporains comme "La Salamandre" qui se passe également au Brésil et qui m’a beaucoup impressionné, ou "Globalia" un roman écologique futuriste. Le roman d’espionnage, vu par Jean-Christophe Rufin est passionnant : ses personnages sont plus que crédibles, leurs projets font froid dans le dos mais paraissent si vraisemblables que l’on en sort un peu groggy !

 

 

 


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