Publié le 04.07.2015 par ChroniqueAssmat :: Chronique littéraire :: Mise à jour le 14.08.2015

livres à lire sans modération !

Parce qu'il m'arrive aussi de lire d'autres livres que ceux sur la petite enfance ... mais si, mais si !

J'ai reçu en cadeau ce livre de Stephen King que je n'aurais jamais eu l'idée d'acheter. L'auteur à succès d'ouvrages souvent portés à l'écran (horreur, fantastique, science fiction, etc - vraiment pas ma tasse de thé, donc !-) s'attaque ici au mythe de l'assassinat de Kennedy : que se serait-il passé si quelqu'un avait pu l'empêcher ?

J'avoue volontiers avoir eu un peu de mal à entrer dans ce livre, surprise par le style : langage parlé et souvent grossier, constantes références à la culture américaine inconnues pour moi ... Mais au fil des pages (plus de 1000 ! ), malgré tout, on accroche vraiment bien et le suspense finit par devenir intense ! Le héros involontaire, Jake Epping, professeur de littérature sans histoire, se trouve plongé au coeur de la tourmente, face à de vrais dilemmes moraux. Cette chronique de l'Amérique des années 60 est vraiment intéressante, avec son racisme ordinaire, sa violence conjugale banalisée et sa cigarette omniprésente. La fin est bien la seule envisageable : j'ai beaucoup aimé et même versé une petite larme devant cet amour impossible.

 

 

Les Lecteurs du livre de poche qui ont attribué son prix à ce roman ne se sont pas trompés car c'est vraiment un livre extraordinaire ! Psychiatre de formation, l'auteur entre tour à tour dans la tête de ses deux personnages, cherchant à comprendre la personnalité et la démarche du philosophe Baruch Spinoza vivant aux Pays Bas au XVIIe siècle, et d'Alfred Rosenberg, idéologue des nazis, qui joua un rôle majeur dans l'extermination des juifs d'Europe, bien qu'il fut dit de lui au procès de Nuremberg : "Sa philosophie fumeuse a également ajouté l'ennui à la longue listes des atrocités nazies" (page 522)
Ce livre se lit très facilement, et les descriptions de ce pays d'ouverture religieuse et de tolérance que furent les Pays Bas est un régal : la pensée de Spinoza, si moderne, et qui influença tant de penseurs après lui, est très intelligemment mise en scène : dès 1656, il proposait déjà de séparer la religion de l'Etat : "Le meilleur souverain qu'on puisse imaginer serait un chef librement élu dont les pouvoirs seraient limités par une assemblée indépendante également élue, et qui agirait en conformité avec le bien-être social et la sécurité de tous." (page 197)
Un livre à mettre entre toutes les mains !

 

 

Excellent ! Excellent ! J'avais adoré en 2008 « La scribe » qui raconte merveilleusement bien, au travers d'un personnage principal très attachant, Theresa, la scribe, l'aventure du premier « faux » connu de l'Histoire, la « Donation de Constantin » qui permit le sacre de Charlemagne, document dont on ne connaît toujours pas l'origine exacte. Ici, tout autre décor : c'est en effet dans la Chine médiévale du XIIIe siècle que se déroule une intrigue palpitante, avec un héros tout aussi attachant, le jeune Ci. Celui-ci deviendra le premier légiste de tous les temps dont les écrits font encore référence aujourd'hui. Ce qui m'a frappé dans ce livre, outre le suspense intense, avec la révélation de l'intrigue  absolument inattendue dans les toutes dernières pages, c'est l’extrême brutalité avec laquelle sont traités toutes les personnes vulnérables : les malades, les femmes et bien sûr les enfants. La cruauté de certaines scènes est parfois insoutenable ... "Le châtiment physique était donc le moyen habituel et le plus répandu de punir toutes sortes de mauvaises conduites, y compris dans le privé, au sein de la famille." page 751. A noter la présence d'une bibliographie et d'un glossaire.

 

 

« Un événement … Machiavélique … Une merveille de chez merveille. Une révélation ? Vraiment, allez-y ! C'est énorme ! »
Lorsque c'est Gérard Collard , libraire et chroniqueur littéraire, qui l'écrit,  en quatrième de couverture, c'est sûr, ça donne envie. Je me suis donc laissé tenter par cette histoire : un bébé de trois mois, seul survivant d'un crash d'avion le 23 décembre 1980, que se disputent âprement deux familles que tout oppose, culture, milieu, fortune. Un détective privé continue l’enquête durant 18 ans après que la justice ait tranché ... On se dit naturellement : et le test ADN ??? Il n'arrivera qu'en page 465, il faudra être patient ! Beaucoup de suspense et de rebondissements : on s'attache aux personnages, on part sur de fausses pistes, on est ému, bref, on ne s'ennuie pas !
Un seul bémol : l'auteur campe le sujet sur les 200 premières pages que j'ai trouvées un peu longuettes, avec beaucoup d'insinuations et de sous-entendus,  et termine très abruptement, alors qu'on aurait aimé en savoir un peu plus.
Un bon livre à emporter en vacances !

 

 

Zafon est définitivement un magicien des mots ! Ces livres sont une pure merveille (aidés en cela par une magnifique traduction de François Maspero). Le cycle de romans « Le Cimetière des Livres Oubliés » regroupent trois volumes L'ombre du vent (2001), un des plus beaux livres que j'ai jamais lu, Le jeu de l'Ange (2009) et Le prisonnier du ciel ((2012) qui ne se suivent pas chronologiquement (et peuvent donc se lire séparément) mais s’enchevêtrent dans une sorte de labyrinthe où ce sont les personnages qui nous prennent par la main pour nous guider : Monsieur Sempere, le libraire, Daniel, son fils, Firmin, leur mystérieux ange gardien, David Martin, l'écrivain, Fumero le tortionnaire sadique …
La ville de Barcelonne, sur fond de guerre civile, d'arrestations arbitraires, d'emprisonnements sans procès et d'assassinats politiques, est un personnage des romans de Zafon à elle-seule, fascinante, inquiétante et parfois fantastique ! Quel est donc ce lieu improbable, Le Cimetière des Livres Oubliés, et son énigmatique gardien Isaac ? Quel est donc le livre maudit de Julian Carax ? Que cache Firmin sur la mort d'Isabella ?
Magnifique !

 

 

Ceux qui, comme moi, ont aimé le style déjanté du Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (2011 pour la traduction) auront grand plaisir à découvrir cette nouvelle histoire tout aussi farfelue. Une rencontre improbable, issue de l'imagination débridée de Jonas Jonasson, entre Nombeko, une jeune Sud Africaine surdouée et  Holger, un Suédois sans identité officielle (seul son frère jumeau ayant été déclaré à l'état civil par Papa Ingmar) : dans la petite ville de Gnesta, non loin de Stockholm, la vie ne peut être que surréaliste sur le chantier de démolition, dans un immeuble en ruine, donc théoriquement vide, où se retrouvent néanmoins « un potier américain, deux frères à la fois remarquablement semblables et différents, une jeune femme en colère, une réfugiée sud-africaine qui s'était fait la malle et trois jeunes filles chinoises à l'esprit brouillon. » (page 199) Sans oublier, bien sûr, une bombe atomique de trois mégatonnes ! Jonasson en profite pour nous livrer sa vision de l’apartheid où une enfant noire marchant tranquillement sur un trottoir de Johannesburg et qui se fait renverser par un automobiliste blanc et alcoolique, est condamnée à 7 années d'esclavage pour avoir abîmé la-dite belle voiture … Finalement, dans notre monde de fou, quelle différence y a-t-il entre un prisonnier politique emprisonné 30 ans élu finalement président et une ex-habitante de Soweto parlant couramment le chinois ambassadrice de Suède ?

 

 

en cours de lecture ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Françoise Näser

 


 


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