Paris 13 Novembre

Publié le 22.11.2015 par ChroniqueAssmat :: Mon actualité :: Mise à jour le 22.11.2015

En ces lendemains d'attentats, nous sommes tous choqués par la violence des événements, déstabilisés dans notre quotidien, incrédules devant tant de haine, ébahis devant ces scènes de guerre. Nous savions notre pays régulièrement menacé, nous avions conscience de la vulnérabilité de notre démocratie face aux attaques terroristes, nous comprenons que l'état du monde est complexe : la géopolitique comme l'écologie n'ont  pas de frontière. Nous faisons partie d'un tout : nous sommes tous humains sur la même planète et chacun de nos gestes peut avoir des répercussions à l'autre bout du monde. Les enjeux diplomatico-économiques nous dépassent et nous plongent parfois en pleine incompréhension.

Nous sommes des anonymes, nous ne faisons pas de politique, nous ne défendons aucun principe religieux quel qu'il soit. Nous sommes juste des citoyens, des parents qui se disent que leurs enfants, leurs amis auraient pu faire partie des victimes. Des jeunes gens qui sortent un vendredi soir pour s'amuser, dans un pays qui connaît la paix depuis 70 ans, rien de plus normal et d'anodin. Toutes ces victimes, les personnes assassinées le 13 Novembre, les blessés qui luttent toujours pour leur vie, les traumatisés qui ont assisté à des scènes d'horreur, les personnels soignants dépassés par l'ampleur du carnage, les policiers qui ont risqué leur vie, tous méritent notre compassion.

Pourtant, l'avons-nous oublié ? à nos portes, le monde est à feu et à sang. Génocides, guerres, traite d'êtres humains, atrocités en tous genres. Il faut bien l'avouer : nous regardons ailleurs. Parce que nous avons aussi nos soucis, une vie, une famille, un travail, et que tous ces lointains malheurs nous touchent le temps d'un JT. Parce que nous ne pouvons pas porter toutes les peines du monde sur nos épaules. Notre mémoire est courte, nos notions historiques des plus floues. Nous ne voulons pas porter la responsabilité des erreurs du passé, ni assumer les choix actuels de nos gouvernements quels qu'ils soient. Mais ce passé et ces erreurs nous rattrapent aujourd'hui, avec violence. Les plaies, toujours béantes, n'ont pas cicatrisé : l'Europe se débat dans ses problèmes économiques, le reste du monde lutte pour sa survie.

Un monde qui se pare de bleu, de blanc et de rouge pour nous montrer sa solidarité : notre si beau pays, attaqué en son cœur, touche toute la planète. Paris, c'est plus qu'un mot, c'est un symbole. Pourtant, il y a Beyrouth, exactement le même jour … Et tant d'autres endroits où les populations civiles souffrent. Nous avons connu les réfugiés économiques, ces pauvres gens qui fuient la misère et cherchent un avenir meilleur, nous connaissons les réfugiés politiques, ceux qui sont menacés dans leur pays pour leurs opinions. A nos portes se pressent aujourd'hui des familles qui fuient la guerre chez eux. Ce sont en général des personnes issues de la classe moyennes, ceux qui ont eu les moyens de payer leur si périlleux voyage. Les autres sont restés et subissent l'horreur. Bientôt, nous connaîtrons les réfugiés climatiques, chassés de chez eux par l'aridité à certains endroits, ou la montée des eaux à d'autres. Combien de temps pourrons-nous continuer à ne pas nous sentir concernés ?

Certains sont en colère. Une colère souvent engendrée par la peur et l'incompréhension. Cette émotion est humaine, mais fugace. Rares sont ceux qui sont perpétuellement en colère ! Lorsque notre cerveau est stressé, et à l'heure actuelle, il l'est à coup sûr, nous cherchons à être rassurés : nous avons besoin rapidement de désigner un coupable, voire un bouc émissaire. « Si ces horribles événements ont pu se produire chez nous, c'est de la faute de l'Autre ». Je pense très sincèrement, que lorsque la colère nous aveugle, mieux vaut l'exprimer devant de vraies amis, ceux qui connaissent notre vraie nature, et qui pourront accueillir cette émotion sans nous tenir rigueur de propos qui sans doute, dépassent réellement notre pensée. Exprimer sa colère sur les réseaux sociaux, par des statuts ou des commentaires virulents qu'on aura peut-être du mal à assumer lorsque la colère aura fait place à d'autres émotions, lorsque nous aurons retrouvé notre calme, ne me semble pas la meilleure des idées.

La peur et la colère sont mauvaises conseillères. En ces temps difficiles, pesons bien nos mots, car ils peuvent blesser, engendrer d'autres rejets, entretenir la haine. Faisons place à la compassion dans nos cœurs. La compassion a une force infinie. Et réfléchissons à notre rôle d'éducateur. Les enfants nous demandent : « comment un gentil petit a-t-il pu devenir un méchant grand ? » Et c'est bien toute la question. Comment en est-on arrivé là ? Comment empêcher que d'autres jeunes rejoignent les rangs de ces organisations barbares ? Comment inverser ce cercle vicieux de la haine ? Comment « soigner » ceux qui rentrent, les déprogrammer ? Certaines initiatives redonnent de l'espoir ! Saluons par exemple, le travail de cette femme extraordinaire, Dounia Bouzar (1) qui sauve des vies. Il faut reconstruire l'espoir et cultiver la paix. L'avenir de notre monde en dépend.
Françoise
 


(1) http://lobservateurdumaroc.info/2015/11/13/lanthropologue-francaise-dounia-bouzar-daesh-est-plus-proche-du-nazisme-que-des-freres-musulmans/


Laisser un commentaire ?

Il n'y a pas de commentaire pour l'instant

Soyez le premier a laisser un commentaire sur cette article !

Vous n'êtes pas connectés !

Pour pouvoir vous connecter, veuillez vous connecter s'il vous plait

Se connecter a mon compte Créer un compte

Les catégories

Facebook

Les Dernières publications

Les derniers commentaires