se mouvoir en liberté dès le premier âge

Publié le 13.03.2016 par ChroniqueAssmat :: Chronique littéraire :: Mise à jour le 14.09.2016

« Le début du développement de l'enfant est dominé par la motricité »

Le livre du Docteur Emmi Pikler (1902-1984) a été publié en 1969 pour la première fois à Budapest, puis en français en 1978 aux PUF. Jusqu'à aujourd'hui, il n'était malheureusement plus accessible que sous forme de photocopies auprès de l'association PiklerLoczy France :
http://pikler.fr/
Mais il semblerait que les éditions Eres prennent en charge la diffusion des documents de l'association à partir du 09 Juin 2016.

Les différentes préfaces, dont celle de Tran Thong (auteur de « Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine » 1967) sont tout à fait passionnantes et situent l'importance des travaux du Dr Pikler : « L'originalité de la recherche du Dr Pikler est qu'elle a été réalisée dans un contexte spécial et dans le but de fonder une nouvelle méthode d'éducation. » (page 10). En accord avec son mari, pédagogue, Emmi Pikler a décidé à la naissance de leur premier enfant en 1931 « de lui donner toute possibilité de mouvements autonomes, de jeux individuels, d'initiatives personnelles dès ses premiers jours » (page 21) Le développement de l'enfant s'étant poursuivi "normalement", elle décide alors d'appliquer ces préceptes aux nourrissons dont elle s'occupent en tant que pédiatre, pendant plus de 10 ans. Puis en 1946, chargée de l'organisation et de la direction de l'Institut Loczy, elle décide d'y appliquer ses méthodes pour tenter d'éradiquer l'hospitalisme « phénomène mondialement connu dont sont victimes les nourrissons et les jeunes enfants élevés dans des institutions » (page 23)

Le premier chapitre est consacré à la littérature spécialisée de l'époque concernant le rôle de l'adulte dans le développement des mouvements, les contradictions des différents auteurs, les arguments en faveur de l'intervention « enseignante » de l'adulte, puis les arguments contre : « Le préjudice causé par ces postions imposées n'est pas limité au développement de sa motricité, mais aussi influence défavorablement son développement psychique, le développement de sa personnalité » (page 17) Ainsi ce qu'on appelle aujourd'hui la motricité libre est une pratique qui « s'inscrit dans une attitude générale qui consiste à respecter l'enfant, à le considérer comme une personne et à favoriser son développement autonome » (page 11) D'autant que l'enfant tributaire de l'aide de l'adulte pour réaliser des mouvements et des postures auxquelles il n'est pas encore prêt « devient souvent inquiet, insatisfait, mécontent. C'est une des raisons pour laquelle il exige de plus en plus que l'adulte le change de position en le mettant assis, debout, en le faisant marcher. » (page 54)

Le deuxième chapitre concerne le développement moteur sans intervention directe de l'adulte et les recherches dans ce domaine faites à l'Institut Loczy. Il comporte de très nombreuses statistiques : entre 1946 et 1966, 722 enfants correspondaient aux critères requis (346 garçons et 376 filles en bonne santé) et ont donc été observés directement par les nurses qui s'occupaient d'eux, sous le contrôle des pédagogues. Certaines études se sont même poursuivies jusqu'à l'âge adulte sur 30 enfants afin « d'examiner les répercussions ultérieures d'un séjour en institution sur la personnalité de ces enfants » (page 65) Néanmoins le Dr Pikler insiste sur « la difficulté, sinon l'impossibilité de créer un groupe de contrôle suffisamment important qui puisse se prêter à un examen comparatif valable » (page 132) Ainsi, les données récoltées sont difficiles à comparer à des données chez des enfants qui auraient subi un « apprentissage » moteur, en famille ou en institution. Néanmoins s'il semble (tableau 9, page 93) que les mouvements  "Se mettre debout/Premiers pas sans se tenir/Se déplacer en marchant" accusent un retard très relatif chez les enfants Pikler (1 à 2 semaines), « ils se déplacent plus tôt et beaucoup plus fréquemment pendant toute la première enfance » (page 135) Ils ont donc acquis de l'aisance, de la prudence et de la confiance en eux. De plus si le développement de l'enfant se fait sans l'intervention de l'adulte, cela « ne signifie nullement l'indifférence de notre part : l'adulte partage la joie de l'enfant lorsque celui-ci arrive à maîtriser tel ou tel mouvement » (page 69)

En conclusion « en comparant les traits typiques du développement moteur habituel conditionnés par l'intervention directe modificatrice de l'adulte avec ceux de la motricité observées à l'Institut méthodologique Loczy (se réalisant sans intervention directe et modifiante de l'adulte, dans un environnement matériel adéquat) c'est ce dernier développement qui est à considérer comme physiologique  » (page 154)


De très nombreux dessins illustrent les mouvements et postures de l'enfant. Ils peuvent être utilisés par les assistantes maternelles pratiquant la motricité libre, pour rassurer les parents car « l'essentiel n'est pas l'âge, mais la qualité du geste, l'harmonie du corps et de mouvement, la grande richesse de variantes pour le « même » mouvement, la grande diversité des positions prises, la mobilité au cours de l'activité ... » (page 174)
Françoise Näser

 

Les magnifiques illustrations émanent du blog : http://bougribouillons.fr/
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