Publié le 28.05.2014 par ChroniqueAssmat :: Mes chroniques mensuelles :: Mise à jour le 24.12.2017

Chronique d'Avril 2014 :

 

Si recevoir une lettre en recommandé peut représenter un petit moment de stress pour tout un chacun,  recevoir une lettre en recommandé de la Pmi pour nous assistantes maternelles, n'est jamais de bonne augure ! Ainsi Corinne qui, son enveloppe à la main, se demande, le cœur battant, ce que cette convocation peut bien vouloir dire. Un différent financier avec des parents, une procédure aux Prud'hommes, et maintenant une convocation à la Pmi ? Serait-ce lié, d'une manière ou d'une autre ? Une convocation pour  rencontrer le Médecin Promotion de la Santé : un rendez-vous chez le médecin un peu particulier, donc …

Lorsque les services de Pmi reçoivent un signalement, lettre anonyme, lettre de dénonciation, courrier de parents mécontents, signalement de maltraitance, ils doivent bien sûr donner suite. Mener une enquête. Très vite, savoir de quoi il retourne, si les enfants confiés à l'assistante maternelle courent un quelconque danger. De par la législation, la Pmi a la difficile mission d'effectuer à la fois le contrôle, le suivi et l'accompagnement des assistantes maternelles employées des particuliers. Des missions que d'aucuns jugeront antagonistes, car en effet, comment se sentir suivies et accompagnées par les mêmes personnes qui nous contrôlent, nous sanctionnent et peuvent nous retirer notre travail ? C'est sans doute la raison pour laquelle, toute intervention de la Pmi est vécue en tout premier lieu, comme un contrôle. C'est sans doute la raison pour laquelle Corinne se sent aujourd'hui si seule, si inquiète et si désemparée !

La mission première de la Pmi est d'assurer la santé des enfants de moins de 6 ans et le soutien à la parentalité : ainsi, elle s'est placée depuis l'après-guerre clairement du côté des familles défavorisées. Chaque jeune maman, chaque parent peut en effet consulter gratuitement le médecin de Pmi, les infirmières, psychologues ou tout autre personnel, s'il le désire. La planification familiale, le suivi des grossesses et la coordination avec les maternités font également partie intégrante de leur mission. Voilà le cœur du travail des intervenants de Pmi. On imagine aisément que les équipes soient tout simplement débordées par l'immensité de leur champ d'action ; car nombreux sont les parents qui font appel à elles dans ce cadre. Mais elles doivent également délivrer les agréments des  assistantes maternelles et des établissements d'accueil des jeunes enfants. Agréments, renouvellement d'agréments, visites suite à un déménagement, contrôle, suivi, accompagnement ... la barque est pleine !

Pourtant, s' il est une mission qui n'incombe pas à la Pmi, c'est d'intervenir dans les différents d'ordre financier qui peuvent se produire entre nos parents-employeurs et nous-mêmes. Cela ne relève pas de leur compétence, comme toutes les questions liées au respect du contrat ou de la Convention Collective. Or Corinne, elle, n'a jamais eu aucun soucis ni avec les enfants qui s'épanouissent chez elle de manière harmonieuse, ni avec ses parents-employeurs qui depuis 7 ans ne tarissent pas d'éloges à son sujet  : elle est un peu la nounou des cas désespérés car elle a eu elle-même bien du mal à trouver une assistante maternelle pour son fils, ses horaires dans le commerce étant toujours mal perçus. Elle accepte donc les horaires atypiques et souvent les contrats rejetés par ses collègues. Et il fait bon grandir chez elle où les enfants se sentent respectés et aimés. Une seule ombre au tableau : ce litige avec la famille du petit Martin, cette procédure aux Prud'hommes.

C'est bien d'une lettre de diffamation, dont il s'agit ! Une lettre de trois pages, une liste sans fin d'accusations basées sur les dire d'un enfant de quatre ans, et de conclusions qu'en ont tirées ses parents quant « aux dysfonctionnements remettant en cause la qualité de l'accueil » chez Corinne. Cette lettre, Corinne aimerait bien l'avoir en main pour pouvoir se défendre ! En vain : classée confidentielle. Car si ces accusations sont jugées crédibles, pourquoi personne ne vient donc passer une journée chez elle pour constater de visu sa manière de travailler avec les enfants ? Elle pourrait alors faire la démonstration de son savoir-faire et de ses compétences. Mais non : c'est seule qu'elle doit se défendre point par point dans le bureau du médecin de Pmi. Là où elle aurait envie de crier à l'injustice, elle doit rester calme, cordiale, et respectueuse. Elle doit répondre à des accusations parfois farfelues sans rire ... ni pleurer !

Même si la procédure aux Prud'hommes lui donne entièrement gain de cause, même si les parents employeurs de Corinne lui ont tous fait des lettres de soutien, même si elle a su récuser toutes les accusations portées contre elle devant le médecin de Pmi, sera-t-elle lavée pour autant de tous soupçons ? Sera-t-elle entièrement blanchie ? Pas tout à fait. Car ce qu'on lui reproche finalement, c'est de n'avoir pas su privilégier la négociation et la communication avec ses employeurs. Dès lors, qu'aucune autre plainte ne remonte aux oreilles du Conseil général, car on garde un œil sur elle. Qu'elle se le tienne pour dit !
Françoise

 

 

        

illustration :
- http://journaldunebeautyjunky.blogspot.fr/2014/03/le-jour-ou-jai-recu-une-lettre-anonyme.html


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