Publié le 28.05.2014 par ChroniqueAssmat :: Mes chroniques mensuelles :: Mise à jour le 18.06.2014

Chronique de Mai 2014 :

 

 Les assistantes maternelles doivent avoir de nombreuses qualités mais sans nul doute, celle qui est la plus importante aux yeux de nos parents employeurs, c'est notre disponibilité . En effet, à la moindre de nos absences, c'est toute leur organisation qui en pâtit : « que faire du petit ? », se demandent-ils , angoissés . Ainsi donc, nous tentons autant que faire ce peut, de ne pas tomber malade, et évitons dans la mesure du possible , tout accident ! Pour Maryline, cependant, c'est la catastrophe, car après treize ans de bons et loyaux services sans absences, elle cumule la même année, accident et maladie ...

 

« Cette fatigue est insupportable », se disait Maryline, « ce soir, je consulte » . C'était sans compter cette chute de tension brutale et le malaise de quelques minutes qui s'en suivit . Elle était tombée ! Elle était tombée, un bébé dans les bras . Bien qu'elle ait amorti la chute, celui-ci s'était cogné le menton et sa maman était arrivée très vite sur place, hésitant à laisser seule Maryline, visiblement mal en point. Les autres parents  avaient fini par arriver eux-aussi après plusieurs heures et Maryline avait enfin pu se rendre aux urgences : hospitalisée trois jours pour une intervention . Bien sûr, les médecins auraient préféré que Maryline s'arrête quelques jours pour se remettre complètement, compte tenu de la douleur et des risques liés à l'opération,  mais celle-ci avait tenu à reprendre son travail coûte que coûte, cette absence de 3 jours ayant déjà été très mal vécue par les parents .

Les contrats des enfants commençant en Septembre, ces nouveaux parents connaissaient encore mal Maryline, son amour des enfants, son engagement dans le métier, sa volonté de bien faire et sa conscience professionnelle . Ils l'avaient choisie pour ses qualités personnelles, sa bonne réputation, parce qu'elle leur avait tout de suite inspiré confiance, parce que sa maison était grande et agréable. La cinquantaine passée, elle avait aussi l'expérience rassurante . Mais aujourd'hui, certains avaient clairement exprimé  leur déception car leur assistante maternelle se devait d'être présente et disponible, quels que soient les problèmes de santé plus ou moins importants auxquels elle devait faire face.  C'est qu'elle les avait bel et bien mis dans les ennuis !

Les choses auraient pu en rester là, si par malheur, l'été une fois revenu, Maryline n'avait fait une chute sur sa terrasse en jouant avec les enfants . Un accident du travail ! Une chute aux lourdes conséquences, comme l'avaient diagnostiqué les urgences, avec une belle entorse au genou et un énorme hématome au tibia . « Décidément, on ne peut pas vous faire confiance ; vous ne tenez pas ! » s'était écriée une maman hors d'elle  . Les relations avec les parents s'étaient brusquement tendues, à se demander si leur nounou n'abuserait pas du système, car l'hôpital avait de nouveau délivré un arrêt maladie de quatre jours ; pourtant, c'est avec une atèle et une jambe qui avait doublé de volume, que Maryline avait repris le travail .Si la douleur était insupportable, elle s’inquiétait de devoir  annoncer aux parents qu'elle devait aller passer une radio de contrôle : eh bien, qu'elle prenne une journée non rémunérée, pour convenance personnelle !

Mais cette fois-ci, Maryline avait anticipé les choses et ne souhaitant plus jamais devoir laisser les parents sans solution d'accueil , elle avait profité de l'installation en tant qu'assistante maternelle, d'une charmante jeune voisine pour frapper à sa porte. Celle-ci  n'ayant encore aucun enfant à accueillir, c'est tout naturellement vers cette collègue qu'elle avait orienté les parents lorsqu'elle avait appris, après ses trois semaines de congé d'été,  qu'elle allait devoir de nouveau être arrêtée ; si l'hématome s'était légèrement résorbé alors qu'elle était restée allongée, dès qu'elle avait repris le travail, sa jambe avait de nouveau terriblement enflé et cette fois-ci, le médecin ne lui laissait plus le choix . C'est  angoissée et culpabilisée qu'elle apprend la nouvelle aux parents, tout en leur proposant comme solution d'accueil, cette jeune collègue .

Mais ses employeurs ne voient là qu'une manigance de sa part ; aurait-elle obtenu un arrêt de convenance de la part de son médecin ? Serait-elle de connivence avec la voisine pour fournir du travail à celle-ci ? Et s'ils lui envoyaient un contrôleur de la sécurité sociale pour voir un peu de quoi il retourne ? C'est vrai que vu son âge, « une nounou plus jeune leur ferait peut-être moins de soucis » !  Maryline peut néanmoins compter sur le soutien moral de sa puéricultrice, celle-ci s'étant même proposée de joindre ces parents pour faire cesser le harcèlement moral dont elle faisait preuve. Mais si les menaces à peine voilées et les insultes déguisées avaient porté un coup terrible à son moral, si la douleur physique ajoutée à sa tristesse la faisaient parfois douter, c'est pourtant avec le sourire que Maryline doit reprendre son travail !

 

 

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Par sylvielo le 19.06.2014


des situations pas faciles à vivrent et à gérer pour une assistante maternelle

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