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Chronique littéraire

J’ai enfin déposé bébé chez « nounou » !

Un livre témoignage de Sarah Frange, 2021 (10.50€)

En lisant ce petit fascicule (21 pages), on se sent tellement désolé pour cette collègue qui a connu autant de déboires professionnels ! Personnellement, aucun parent n’a jamais oublié de venir chercher son enfant, ni ne m’a contrainte à le garder la nuit. Je n’ai pas non plus dû acheter des vêtements ou des couches aux enfants accueillis. Je n’ai jamais dû réclamer mon salaire à la fin du mois. Je m’estime donc chanceuse et je compatis sincèrement avec l’auteure.

Le sujet de la négligence parentale, le fait de ne pas emmener son enfant malade consulter, d’apporter des repas insuffisants ou inadaptés, de ne pas le changer suffisamment etc. est traité de manière un peu maladroite à mes yeux, mais il est néanmoins abordé, et pour moi, c’est le plus intéressant de cet ouvrage. La négligence (qui n’est pas maltraitance) est un vrai sujet auquel nous sommes régulièrement confrontées et face auquel il est bien difficile de se positionner, en tant que professionnelles.

Néanmoins, c’est un écrit presque entièrement à charge contre nos parents-employeurs, et cela me pose problème. Que dirions-nous d’un article entièrement à charge contre les assmats ? Nous dirions : ne nous mettez pas toutes dans le même panier ! Il manque à cet ouvrage, à mon avis, un peu de recul et de mise en parallèle. Certes, à n’en pas douter, on peut rencontrer ce genre de parents, mais la majorité s’efforce, je l’espère, de faire au mieux pour son enfant, d’être des parents « suffisamment bons ». Cet ouvrage me laisse donc un peu dubitative et perplexe.

Extraits :
« J’essayais tant bien que mal d’être à l’écoute, de comprendre mais je ne suis ni assistante sociale, ni psychologue. Après ma journée de travail, je ne peux pas dire que je rentre chez moi car « chez moi » c’est mon lieu de travail et c’est quelque chose que les parents ont tendance à oublier » (page 14)
« Je me retrouvais submergée par les demandes des parents qui abusaient clairement de ma gentillesse et de ma disponibilité » (page 17)
« J’ai compris que certains parents cherchaient une personne pour s’occuper de leurs enfants vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! (page 22)

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