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Des bébés et des couches

Ma chronique d'octobre 2018
Des bébés et des couches

Une récente étude a de nouveau attiré l’attention sur le délicat problème des couches :  dans nos sociétés où il est malvenu que Bébé se promène dans le plus simple appareil, les industriels se partagent ce lucratif marché et rivalisent d’imagination pour inciter parents et professionnels à préférer telle marque à une autre. Or, il ressort de cette étude où une douzaine de produits ont été testés et comparés, que les mauvais élèves d’hier ont pu faire des progrès, tandis que les bons élèves d’aujourd’hui ne le seront peut-être plus lors du prochain test. Difficile donc de se faire une idée définitive sur le sujet. En l’absence d’obligation d’inscrire les composants des couches sur l’emballage, rien n’empêche les industriels d’en changer régulièrement et d’induire de ce fait tout le monde en erreur. Tu crois ton bébé protégé des substances toxiques, et finalement, tu découvres que tes couches en contiennent aussi !

Parents et professionnels sont donc à la recherche de LA couche parfaite, celle qui protège à la fois les bébés de manière optimale, qui ne les confronte pas dès leurs premiers jours à des substances dangereuses voire cancérigènes, qui respecte l’environnement et qui ne grève pas trop leur budget. L’aspect financier est non-négligeable quand on imagine  le nombre de couches nécessaires par jour, multiplié par quelque 3 années, soit dans les 5000 couches par enfants ! Si cela représente un budget conséquent pour les parents, on imagine bien l’enjeu pour une maternité, une structure etc. Mis à part le problème financier, de plus en plus de parents sont également soucieux de l’impact sur la santé de leur enfant de tous ces produits d’hygiène et sensibilisés au désastre environnemental de ces déchets difficilement dégradables. 5000 couches, ça fait quoi, à vue de nez ? une tonne de déchets ?!

Le problème des déchets est pris très au sérieux par de nombreuses communes qui cherchent à réduire les tonnes d’ordures produites par leurs administrés. Certaines grandes villes sont devenues des modèles pour toute la planète, comme San Francisco, aux États Unis, qui s’est fixé l’objectif ambitieux du O déchet pour 2020. Plus près de nous, certaines villes ont commencé à peser le contenu des poubelles privées afin d’en facturer le prix au plus juste, d’autres ont décidé de taxer les gros producteurs d’ordures ménagères, estimant par exemple que les assistantes maternelles, au titre de leur activité, remplissaient leur poubelle plus que les autres : couches et produits d’hygiène, mais aussi pots de yaourts et autres compotes étaient incriminés. Nos collègues s’en sont défendues, refusant de payer une taxe supplémentaire, se réunissant même parfois en collectif. Confrontés au dilemme des couches polluantes, certains réfléchissent alors naturellement à une alternative aux couches jetables.

Les assistantes maternelles se retrouvent donc depuis quelques années face à des parents qui souhaitent abandonner les couches jetables au profit des lavables. Et revenir, en quelque sorte, aux temps des langes vintage qu’ont connu nos mères ou nos grands-mères ?! Certains en ont seulement entendu parler, les ont peut-être vues chez des amis, et évoquent l’éventualité d’en acheter et d’en fournir à leur future nounou. D’autres, plus avertis, ont déjà testé sur un aîné, en ont en stock chez eux et insistent pour continuer à les utiliser. L’assistante maternelle doit se positionner, soit au début du contrat, adhérant volontiers au projet des jeunes parents ou refusant, en arguant d’une trop grande contrainte pour elle. Le « problème » peut aussi se poser en cours d’accueil lorsque les parents ont une subite prise de conscience, suite par exemple à des enquêtes de qualité des produits qui les inquiète.

Si certaines collègues sont farouchement contre l’utilisation de couches lavables (parfois sans même en avoir testé le principe), Marie-Noëlle développe quant à elle, dans un article de son blog, de très intéressants arguments qui feront sans doute réfléchir :  « C’était mon gentil petit « coup de gueule » car au final, et par expérience, les enfants ont les fesses bien plus irritées même en changeant les couches 2x plus souvent. » Mince alors, on pensait bien faire pourtant, en supprimant les produits toxiques contenus dans les jetables … ! A l’inverse d’autres collègues comme Cécile (1) peuvent aussi être à l’initiative du changement et proposer aux parents d’utiliser des couches lavables, alors qu’ils n’y pensaient peut-être pas eux-mêmes : "J'estime devoir être le moteur du changement et non attendre que les parents le soient.Je veux une planète plus propre et des enfants sans produits chimiques sur les fesses. Et non ce n'est pas si contraignant que ça. Évidemment plus que d'ouvrir sa poubelle mais c'est un choix de vie. Je pense réellement que nous devons montrer l'exemple. Nous sommes parmi les premiers concernés par le bien être des petits et nous voyons la quantité de déchets que les couches jetables entraînent journellement." Les assistantes maternelles comme moteur du changement, c'est beau ça !!!

C'est sans doute en pensant également aux assistantes maternelles comme moteur du changement que l’ADEME* a lancé de 2009 à 2011 une expérimentation (2) tendant à « commencer la sensibilisation à cette pratique par les assistantes maternelles du territoire puisque celles-ci peuvent jouer un rôle prescripteur à long terme auprès des parents des enfants qu’elles gardent ». 12 de nos collègues se sont portées volontaires et ont donc testé les couches lavables avec 30 bébés qu’elles accueillaient :  700kg de déchets théoriques ont été évités sur ce laps de temps. Et 11 collègues sur 12 ont continué à utiliser les lavables une fois le test terminé. « L’expérimentation proposée est intéressante à plusieurs titres, puisqu’elle permet non seulement d’agir sur la réduction des déchets mais aussi de sensibiliser les familles aux questions environnementales et au bien être de l’enfant (rapport à la propreté, produits chimiques présents dans les couches…) et encore d’accompagner les assistantes maternelles dans l’acquisition d’un nouveau geste professionnel en adéquation avec la demande croissante des parents
Sur ce sujet sensible, chacun se fera donc son idée. Au vu des désastres écologiques, nous allons devoir changer nos habitudes, bon gré, mal gré, c'est certain. Les couches lavables ont déjà évolué au fil du temps, devenues plus maniables, plus faciles d'entretien et plus jolies aussi ! Certaines sociétés (3) ont même pour objectif d'en proposer à la location et d'en faciliter l'utilisation en les lavant à la place des parents (ou des professionnels) qui trouveraient cela trop contraignant. Nous allons devoir changer nos réflexes de consommation et ce qui est certain également, c’est que les assistantes maternelles informées, formées et motivées, peuvent être à l’origine du changement et faire progresser la qualité d’accueil, la santé des enfants et le bien-être de tous. Qu'on se le dise !
Françoise Näser

                    

                                                      

(1) Cécile Sethi est assistante maternelle en Rhône-Alpes
(2)http://www.optigede.ademe.fr/fiche/des-assistantes-maternelles-testent-les-couches-lavables
(3) comme www.mapetitecouche.fr, par exemple.
* L’ADEME est un Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous la tutelle des ministères de la Transition écologique et solidaire, et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

crédit photo :
- https://www.magicmaman.com/,tout-savoir-sur-les-couches-lavables,60,8696.asp
- https://www.hamac-paris.fr/

                        

 

 

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